Les festivals font partie intégrante de la vie de nos différentes sociétés. Elles constituent des vitrines à travers lesquels les peuples de toutes langues et races font découvrir leurs cultures et exposent à la face du monde les valeurs qui leur sont intrinsèques. Que ce soit en Afrique, en Europe ou dans le reste du monde, ces évènements festifs se multiplient considérablement. Il est donc bien important de s’interroger sur les sources de leurs financements et les principales raisons qui motivent de tels investissements. C’est à cette question cruciale que nous avons décidé d’apporter certains éléments de réponse qui serviront de guides aux futurs organisateurs et participeront à l’amélioration de ces rendez-vous prestigieux du monde contemporain.

Les festivals en Afrique

Les tout premiers festivals africains ont vu le jour au XXe siècle en Tunisie. Ils ne connaitront un véritable essor que vers la fin des années soixante. On identifie alors plusieurs grands rendez-vous culturels comme le festival Carthage, les Journées Cinématographiques de Carthage ou encore le festival de Douz. Avec le temps, ces programmes connaitront une succession de modifications aussi bien au niveau du contenu que de la composition du public des spectateurs. À ce jour, on en compte plusieurs dont le plus célèbre est le FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou) qui a lieu tous les deux ans dans la capitale du pays des hommes intègres (le Burkina-Faso).

Lancé depuis 1969, ce festival a pour but principal de favoriser une plus grande diffusion des œuvres cinématographiques africaines, de participer au brassage entre professionnels du monde de l’audiovisuel et les acteurs du cinéma et participer par le même biais à la sauvegarde du cinéma africain. Les œuvres des artistes sont soumises à un jury de professionnels qui est invité à apprécier les œuvres et récompenser les meilleures. Cette démarche, bien qu’étant les bienvenues, suscite au niveau de plusieurs personnes des remous et des critiques très acerbes. En effet, le festival a  connu sur plusieurs éditions des difficultés liées au financement et à l’organisation pratique de l’évènement. Pour les éditions les plus récentes cependant, l’équipe d’organisations a pu compter sur le soutien de certains partenaires.

Il s’agit notamment de l’Organisation Internationale de la Francophonie, l’Unesco, le Centre National de Cinématographie et l’Union européenne. Depuis 2012, l’équipe d’organisation peut compter sur le soutien du FPCA (Fonds Panafricain Pour le Cinéma et l’Audiovisuel). Ce fonds constitue désormais un partenaire sûr avec lequel les états africains pourront s’engager dans la construction de solides relations interétatiques sud-sud. Même s’ils n’ont pas un contenu identique à celui du FESPACO, retenons que la plupart des spectacles d’Afrique sont confrontés à de pareilles difficultés. Ils peuvent toutes fois compter sur les différents gouvernements et les bailleurs de fonds pour offrir au reste du monde des moments de découverte et d’enrichissement très intenses.

Les festivals en France

La France est par excellence le berceau des festivals en Europe. Elle en accueille des milliers qui se regroupent autour d’une grande diversité de thèmes (musique, cinéma, bandes dessinées, eau, etc.). Selon un rapport réalisé par Pierre Cohen (ancien député-maire de Toulouse) en 2016, l’aide publique à l’organisation des festivals a connu une chute considérable de près de 6,5 %. Cette baisse a eu pour conséquence directe la disparition de plusieurs festivals qui ont vu le jour entre 2003 et 2015. Les plus gros festivals ne sont pas à l’abri de cette baisse de budget. C’est pour répondre à ce besoin urgent en financement, que plusieurs promoteurs se sont lancé dans la quête de nouvelles stratégies. Au nombre de celles-ci, nous pouvons identifier le crowfunding, le mécénat, le sponsoring et bien d’autres encore.

Pour le promoteur qui envisage intègre ce domaine, la compréhension de ces différents concepts est un aspect très important sur lequel on devrait se pencher. Cet exercice est très important dans ce sens qu’il lui permettra d’observer le paysage qui se présente à lui et d’envisager ainsi les profits et les risques auxquels s’expose son entreprise et anticiper certains évènements.

Le Crowdfunding

Cette méthode consiste à collecter sur une plateforme internet, différents soutiens pour organiser un évènement conduire un projet. C’est une formule de financement participatif. Les subventions des différents investisseurs ne sont pas forcément importantes, mais permettent de mobiliser beaucoup de personnes autour d’un seul et même projet. Le promoteur peut obtenir grâce à ces plateformes des dons, des prêts, et financements avec ou sans prise de contreparties financières.

Le mécénat

C’est une formule de financement qui consiste en un apport financier, matériel ou humain pour soutenir une œuvre à caractère général. Cette formule n’implique aucune contrepartie pour le bénéficiaire. En France, les entreprises ou personnes faisant du mécénat bénéficient de certains avantages fiscaux depuis 2003.

Le sponsoring

C’est une formule qui participe à la visibilité des partenaires. Une entreprise ou toute personne soucieuse de s’offrir une vitrine à travers laquelle se fait connaitre peut s’engager à participer au financement d’un évènement. Le tarif est donc revu à la baisse pour permettre un accès plus large du public. Contrairement au mécénat, cette formule n’est pas philanthropique, mais porteuse d’un cachet commercial.

À toute cette liste de formules s’ajoutent le bénévolat et bien d’autres encore. Nous espérons que cet article vous aura aidé à vous faire une idée plus claire de la réalité du monde des festivals en ce qui concerne l’Afrique et l’Europe.